Traces de Gauvreau : des résonances plutôt que des références. Des échos plutôt que des citations. L’accident comme ligne de fuite. L’IA bégaie, fragmente, produit ses glitchs vocaux comme autant de résonances involontaires du langage exploréen — cette langue phonétique que Claude Gauvreau sculptait en dehors du sens convenu. Deux systèmes se répondent à travers le temps : l’un cherchait à libérer la voix des conventions, l’autre produit du langage en se fracturant. Les larsens deviennent instruments de résonance pure, boucles sonores qui s’auto-alimentent. Les surfaces rotatives captées par micros contacts amplifient les vibrations invisibles. Ce qui persiste de Gauvreau n’est pas son œuvre citée, mais sa présence résonnante : l’écho d’un geste poétique qui cherchait déjà à faire du langage une matière sonore brute. Les traces sont des fréquences qui traversent les décennies, se transforment, se réverbèrent dans les circuits et les algorithmes. Bio d’Erick d’Orion
Erick d’Orion est un artiste interdisciplinaire de l’audio et commissaire établi à Montréal depuis 2015. Il explore les croisements entre art sonore, performance et nouvelles technologies. Commissaire au FIMAV depuis 2010 et ancien programmateur du centre Avatar, il a organisé de nombreux événements dédiés à la création sonore. Son travail, proche du noise et de la musique concrète, s’incarne aussi dans des installations où l’espace acoustique et l’imaginaire du spectateur deviennent matière de recherche et d’expression.